Les élections municipales s'annoncent fratricides à Ronchin. Deux listes de gauche s'affrontent avec deux visions différentes de la sécurité et du projet « Cœur de ville » notamment.
Pour bien comprendre les enjeux de ces élections municipales à Ronchin, il faut revenir exactementtrois ans en arrière. En mars 2023, une frange de la majorité socialiste claque la porte pour siéger séparément. Conséquence immédiate : le budget est rejeté à une voix près, et le maire Patrick Geenens démissionne.
Une scission au sein des socialistes ronchinois.
Le 4 mai 2023, après un conseil municipal électrique, Jean-Michel Lemoisne est élu maire et endosse l’écharpe tricolore. Membre historique du Parti Socialiste, il avait prudemment choisi de se mettre en retrait du parti pour se prémunir des pressions. Dans l’opposition, les « frondeurs » du Groupe socialiste Ronchin (GSR) se prévalent du soutien du parti et tissent des alliances avec les autres minorités, écologistes et La France Insoumise.
Deux listes de gauche face à face.
Lemoisne, qui annonçait en début d’année dernière vouloir briguer sa propre succession, a finalement renoncé début décembre. Des membres de son camp lui ont préféré son directeur de cabinet, Ulric Vanacker, ancien élu de 2008 à 2014, reconverti en tête de liste. Résultat : deux équipes de gauche s’affrontent pour les municipales.
D’un côté, Damien Kebdani (ci-dessus à gauche), à la tête de la liste « Unis pour Ronchin », soutenue par le PS, Les Écologistes EELV, la France insoumise et le Parti communiste. De l’autre, Ulric Vanacker (ci-dessus à droite) pour « Protéger et soutenir Ronchin », une liste non-partisane, largement de gauche, mais aussi avec des éléments de centre-droit voire de droite. On y trouve des personnalités de la majorité sortante ainsi que des visages connus des Ronchinois comme Frédéric Dupré, ancien adjoint, Thérèse Weyenbergh, ancienne directrice du point info seniors, ou encore François Gimenez, fondateur du groupe Skip The Use.
Sécurité : deux visions diamétralement opposées.
La sécurité est sans doute le principal sujet de discorde. Pour Damien Kebdani, la vidéoprotection n’est pas un remède miracle et dit attendre « de voir leur efficacité ». Les caméras installées à Comtesse-de-Ségur doivent être redéployées « selon les attentes des citoyens ». S’agissant de la police municipale, son objectif est de tendre vers un doublement des effectifs (7 actuellement) d’ici la fin du mandat, de réorganiser des rondes partout, régulièrement, à des horaires plus étendus et mieux ventilés. Il est pour lui hors de question de doter les policiers municipaux de pistolets à impulsions électriques, et encore moins d’armes à feu.
Au contraire, Ulric Vanacker veut aller plus loin dans le déploiement de la vidéoprotection. Il souhaite installer une trentaine de nouvelles caméras durant le mandat, pour une enveloppe globale de 600 000 euros. Il prévoit aussi le recrutement de 6 policiers municipaux supplémentaires d’ici 2032. La question de l’armement des agents n’est pas taboue et elle leur sera posée. Une « vraie » brigade de nuit armée « a minima » de pistolets à impulsions électriques sera mise sur pied en concertation avec les équipes.
Projet « Cœur de ville » : stop ou encore ?
Autres sujet clivant de cette campagne : le projet « Cœur de ville » qui doit redessiner la place de la mairie et ses alentours. Damien Kebdani et ses colistiers ne veulent pas de ce « projet de médiathèque pharaonique dépassé » et souhaitent rouvrir « une vraie discussion » avec les habitants. Faut-il vraiment tout détruire ? Doit-on ajouter des commerces ?
Pour son adversaire Ulric Vanacker, la concertation a déjà eu lieu et le projet doit être mis en œuvre tel qu’il est aujourd’hui. Maillon essentiel de la politique culturelle de la ville avec sa bibliothèque et sa salle polyvalente de 60 places, il doit également accueillir le pôle municipal pour les aînés, afin de faire se rencontrer les générations. Aux électeurs de trancher.

