Le Jardin des Plantes, récemment rénové, fait face à une montée des préoccupations en matière de sécurité, en particluier après un cas de viol survenu en novembre. Malgré des efforts pour améliorer l'image du parc, de nombreuses utilisatrices signalent des comportements intrusifs et une insécurité ressentie dans certaines zones.
Au Jardin des Plantes, un parfum d’angoisse est perceptible depuis plusieurs mois. Exhibitionnisme, viol… Tandis que la Ville met en avant la transformation du site, la question de la sécurité s’impose désormais comme un des enjeux des prochaines élections municipales.
Inaugurés au printemps, les bassins historiques ont été restaurés pour 2,5 millions d’euros et l’aire de jeux, repensée dans le cadre du budget participatif, a rouvert au début de l’été, avec des équipements « inclusifs » et des cheminements remis à neuf. Ce lifting devait conforter l’image d’un grand jardin familial entre Moulins et Lille-Sud.
Mais le 23 novembre, une joggeuse de 31 ans a été violemment agressée en pleine journée, plaquée au sol et violée dans un secteur isolé du parc, après avoir été abordée une première fois par son assaillant. L’enquête a mené à la mise en examen et au placement en détention provisoire d’un suspect de 25 ans, identifié grâce à une trace ADN relevée sur la victime, relançant les craintes sur la vulnérabilité de certaines zones du jardin.
Cet épisode fait écho aux témoignages réguliers d’exhibitionnisme et de comportements intrusifs signalés par des usagers, notamment des femmes, qui décrivent des recoins mal fréquentés et une impression d’isolement dès que l’on s’éloigne des grandes allées. La peur de « tomber sur quelqu’un » dans ces zones peu visibles, à la mi-journée comme en fin d’après-midi, pousse certaines habituées à modifier leurs horaires ou à renoncer à courir seules dans le parc. Arnaud Deslandes, maire de Lille, a annoncé un renforcement des patrouilles de police municipale et l’installation de caméras de vidéosurveillance aux abords.
Entre ambition paysagère et urgence sécuritaire, le Jardin des Plantes cristallise les contradictions d’une ville qui veut ouvrir davantage de parcs, tout en peinant à garantir à chacun une promenade vraiment sereine.

