Caméras de vidéoprotection à Ronchin : sitôt installées, sitôt vandalisées...

Publié le 03/02/2026
par Gauthier Kerros


Dix-neuf caméras ont été installées mi-décembre dans le quartier de la Comtesse-de-Ségur. Un projet ancien, relancé par l’actuelle majorité municipale, qui vise à renforcer la sécurité et la tranquillité publique, non sans susciter quelques tensions.

En 2020, après un premier mandat durant lequel il aimait rappeler que « Ronchin n’est pas Chicago », le maire de l’époque, Patrick Geenens, avait opéré un virage sécuritaire. En pleine campagne municipale, il pointait « un relâchement du respect des règles » et « davantage d’agressivité », justifiant ce qu’il appelait alors le « pari de la peur du gendarme ». L’expérimentation de caméras de vidéoprotection figurait déjà parmi ses annonces.

Si Patrick Geenens a démissionné en 2023, le dossier n’a jamais quitté l’agenda municipal. Son successeur, Jean-Michel Lemoisne, adjoint à la tranquillité publique depuis 2020, a poursuivi le projet. « C’est l’aboutissement d’un travail de longue haleine avec la MEL, la police nationale et la préfecture pour obtenir toutes les autorisations », souligne-t-il. Le centre de supervision des images est d’ailleurs géré par la Métropole européenne de Lille.

Au total, 19 caméras ont été installées autour des bâtiments de la Comtesse-de-Ségur. Objectifs affichés : sécuriser les personnes, prévenir les atteintes aux biens, lutter contre le trafic de stupéfiants, protéger les bâtiments publics et prévenir les dépôts sauvages. La ville insiste sur le cadre légal : seules les voies publiques sont filmées, grâce à un masquage dynamique empêchant toute intrusion visuelle dans les habitations. Les images sont conservées 14 jours, sauf réquisition judiciaire.

Le dispositif n’a toutefois pas fait l’unanimité. Le 25 décembre, un individu encapuchonné s’en est pris à l’une des caméras récemment installées. En mairie, on reconnaît que ce déploiement dans un quartier classé en politique de la ville peut susciter des réactions hostiles. Une enveloppe est d’ailleurs prévue au budget 2026 pour d’éventuelles réparations. Les autres caméras, elles, restent opérationnelles.