Les accusations proférées par la liste LFI de Faches-Thumesnil à l'encontre de notre journal révèlent les dangereuses dérives d'une partie de la classe politique. La presse, en tant que pilier de la démocratie, doit être respectée, même lorsque ses articles ne plaisent pas aux élus.
La liste LFI de Faches-Thumesnil conduite par Patrick Proisy qualifie Les Échos du Mélantois de « faux journal ». Cette accusation est aussi grave qu’elle est infondée et témoigne de la conception inquiétante de la démocratie promue par l’extrême gauche.
Théophraste : une entreprise de presse, pas une entreprise de propagande.
Les Échos du Mélantois est un journal gratuit édité par Théophraste, société par actions simplifiée immatriculée au registre du commerce et des sociétés de Lille Métropole. Fondée en 2020, elle répond aux critères des entreprises solidaires de presse d’information.
Théophraste édite trois publications : Lydéric, magazine bimestriel lancé en septembre 2020 ; Les Échos de Lille, journal mensuel hyperlocal lancé au printemps 2024 et décliné en quatre éditions de quartier (Fives & Hellemmes, Wazemmes, Moulins, Lille Centre & Vieux-Lille) ; et Les Échos du Mélantois, lancé à l’été 2025, couvrant Faches-Thumesnil, Ronchin et Lesquin.
Depuis sa création, Théophraste a publié 48 numéros, toutes publications confondues. A chaque édition, c’est plus de 60 000 lecteurs réguliers sur la métropole lilloise.
Qualifier de « faux journal » une publication éditée dans les règles n’est pas une opinion : c’est une contrevérité.
Un article défavorable n’est pas un article militant.
La liste de Patrick Proisy conteste le caractère journalistique de nos articles. Pourquoi ? Parce qu’ils ne lui sont pas favorables. C’est précisément là que réside la confusion.
Reprenons les articles en cause. Le premier, consacré aux finances communales, s’appuie sur des données publiques vérifiables : montants de la dette, taux de taxe foncière, évolution des dépenses de fonctionnement, comparaisons avec les communes voisines, documents budgétaires et délibérations du conseil municipal. Le second, consacré à la police municipale, confronte les déclarations de campagne du maire aux réalités du terrain : effectifs réels disponibles, contraintes opérationnelles, fréquence des patrouilles de la brigade intercommunale. Ce sont des faits, recoupés et documentés. Aucune animosité, aucune attaque personnelle.
Un article défavorable n’est pas un article partial. Un article qui pointe des écarts entre les discours et les chiffres n’est pas un article militant. C’est, précisément, du journalisme. Et quand un élu préfère remettre en cause le messager plutôt que de répondre sur le fond, c’est généralement que le fond lui pose problème.
Du reste, nos colonnes sont ouvertes. Mais force est de constater que depuis octobre dernier, nos sollicitations auprès de la municipalité sont restées lettres mortes. De surcroît, les deux articles abondamment critiqués par l’équipe du maire sur les réseaux sociaux n’ont pas fait l’objet de droit de réponse à ce jour…
Le débat est souhaité. Ce que nous refusons, c’est le discrédit, l’intimidation, le silence imposé, le bâillon avant le billot.
Attaquer la presse : la méthode habituelle des partis extrêmes.
Qualifier un journal légalement constitué de « faux », dénoncer publiquement « en meute » un média sur les réseaux sociaux parce qu’il publie des articles défavorables : ces méthodes ne sont ni anodines, ni nouvelles. Ce sont celles des partis extrêmes.
À Faches-Thumesnil, la liste de Patrick Proisy emprunte exactement ce chemin, dans les pas de Jean-Luc Mélenchon. Cela révèle une conception du pouvoir où l’élection dispenserait de tout contrôle.
Quand on se soumet au suffrage universel, on doit accepter le regard des citoyens, de ses opposants… et de la presse. Quand un élu supporte de moins en moins le principe même du contre-pouvoir, ce n’est plus la démocratie qu’il défend : c’est lui-même.
La presse n’est ni un adversaire ni un outil de propagande. Elle est l’un des piliers de la démocratie. On peut contester un article. On peut répondre. On peut débattre. Mais vouloir discréditer un média parce qu’il fait son travail, c’est refuser le principe même de la démocratie.


