Adoptée en 2025 par la MEL pour réparer rapidement les chaussées dégradées, la technique de l'enrobé projeté devait révolutionner l'entretien de la voirie. Quelques mois après son déploiement, les premiers retours d'expérience sont mitigés.
Rue Charles Saint-Venant à Ronchin, les équipes de la Métropole européenne de Lille (MEL) ont dû intervenir à nouveau en décembre dernier pour une réfection de l'enrobé entre l'avenue Jean Jaurès et le chemin d'Esquermes. Une opération qui venait compléter... des travaux réalisés seulement quatre mois plus tôt, en août 2025.
Depuis un an, la commune sert en effet de terrain d'expérimentation pour l'enrobé projeté, cette nouvelle technique que la collectivité présentait comme une solution miracle face aux dégradations de chaussée. Promesse d'interventions « furtives » de 15 minutes, sans fermeture de route ni déviation de circulation, réparations durables des nids de poule : sur le papier, la méthode cochait toutes les cases.
Une technique prometteuse
Le principe est simple : projeter un mélange de granulats et d'émulsion de bitume directement sur les zones abîmées, avant de recouvrir le tout d'une couche de gravillons. Fini le sciage et le rabotage, place à la rapidité et à l'économie de moyens. En 2024, pas moins de 15 000 réparations de ce type ont été effectuées dans la métropole lilloise.
Les avantages théoriques sont nombreux. Impact limité sur la circulation, remise en service quasi immédiate, peu de matériel nécessaire, peu de déchets générés. Les équipes peuvent intervenir par presque tous temps et s'adapter à la diversité du territoire, qu'il s'agisse de voies urbaines ou de routes plus rurales. Une optimisation des matériaux utilisés qui devait permettre des économies substantielles.
Des résultats décevants
Sauf que la réalité du terrain est venue tempérer cet enthousiasme. À Faches-Thumesnil, rue Henri Barbusse, le constat est lui aussi sans appel : réparée en octobre, la chaussée avait déjà retrouvé ses nids de poule le mois suivant. Pire, les graviers jonchent désormais les caniveaux et les trottoirs, témoignant d'une mauvaise adhérence du revêtement.
À Ronchin, la nécessité d'une nouvelle intervention moins de cinq mois après les premiers travaux interroge sur la durabilité réelle de cette technique. L'expérimentation, censée démontrer la pertinence de l'enrobé projeté comme alternative aux méthodes traditionnelles, semble avoir montré ses limites.
Les services de la MEL, contactés, n'ont pas souhaité commenter ces difficultés. Reste que pour les automobilistes et les riverains, la multiplication des interventions sur une même portion de route suscite des interrogations légitimes sur le bien-fondé de cette nouvelle approche. Entre économies budgétaires à court terme et qualité des travaux sur le long terme, l'équation reste à résoudre.


