Lille en lice pour accueillir la nouvelle Autorité douanière européenne.

AUTEUR Gauthier Kerros
dimanche 08 février 2026


La capitale des Hauts-de-France figure parmi les neuf villes candidates pour héberger cette agence stratégique. Une décision attendue fin février pourrait transformer durablement l'attractivité du territoire.

Face à l'explosion du commerce en ligne et la multiplication des trafics illicites, l'Union européenne franchit une étape majeure dans la modernisation de sa politique douanière. La création de l'Autorité douanière européenne, pilier d'une vaste réforme lancée sous présidence française en 2022, vise à renforcer la protection du marché intérieur tout en simplifiant les démarches pour les entreprises.

Cette nouvelle agence ne remplacera pas les douanes nationales, mais les épaulera en mutualisant l'analyse des risques à l'échelle continentale. Véritable « coffre-fort » du commerce international, elle gérera une plateforme européenne de données douanières et apportera un soutien concret en matière d'équipements, de formation et de méthodes de contrôle.

Un enjeu majeur pour les Hauts-de-France

Parmi les neuf villes en compétition – Varsovie, Porto, Rome, Zagreb, Bucarest, La Haye, Liège et Malaga –, Lille fait figure de candidate sérieuse. Xavier Bertrand, président LR du conseil régional, ne cache pas son enthousiasme : « L'impact est dingue. Lille et les Hauts-de-France vont devenir un vrai point de convergence de très nombreux responsables européens, politiques et chefs d'entreprise. »

L'enjeu dépasse le prestige institutionnel. Ce sont potentiellement 500 emplois européens à terme, avec 250 fonctionnaires dès l'installation, et autant de familles qui s'installeraient dans la métropole lilloise. Le tissu économique local s'est d'ailleurs largement mobilisé : 500 personnalités – élus, chefs d'entreprise, acteurs culturels, éducatifs et sportifs – affichent leur soutien.



Des atouts et un coup de pouce de l'Etat

Le dossier lillois présente des arguments solides : un bâtiment flambant neuf situé à proximité immédiate de la gare Lille-Flandres, déjà achevé et prêt à accueillir l'agence (photo ci-dessus), une école européenne agréée pour scolariser les enfants des fonctionnaires, ainsi qu'une position géographique stratégique avec une gare et un aéroport connectés à toute l'Europe.

L'État français mise gros sur cette candidature : 50 millions d'euros sont engagés pour financer neuf ans de loyer, plus les frais d'installation et d'aménagement du futur siège.

Le verdict imminent

Après avoir passé un oral la semaine dernière devant le Parlement européen, où la ministre Amélie de Montchalin et Xavier Bertrand ont porté le dossier français, les villes candidates attendent désormais le verdict. Entre le 25 et le 26 février, le Parlement européen et le Conseil des ministres de l'UE établiront chacun une liste restreinte des deux meilleures candidates. Si une seule ville figure sur les deux listes, elle sera automatiquement désignée. Sinon, le processus se poursuivra en mars pour départager les finalistes.