Jean Moulliere (ex-député Horizons) continue de lutter contre les nuisances sonores de l’aéroport de Lesquin, interpellant le ministre des Transports sur l'absence de décisions concrètes un an après une première alerte. Face au soutien unanime des collectivités locales pour un couvre-feu nocturne, les riverains espèrent des mesures qui équilibrent santé publique et développement économique de la région.
Un an après avoir alerté le ministère des Transports, Jean Moulliere (Horizons), alors député de la sixième circonscription du Nord a de nouveau interpellé fin janvier le ministre Philippe Tabarot sur les nuisances sonores de l’aéroport de Lesquin. Lors d’une question orale à l’Assemblée nationale, l’élu a dénoncé l’absence de décision concrète malgré la publication, en janvier 2025, d’une étude d’impact sur la réduction des nuisances aéroportuaires.
Un combat de santé publique.
Bien que l’aéroport ne soit pas situé sur sa circonscription, les habitants de la Pévèle subissent quotidiennement les désagréments liés au trafic aérien nocturne. « Ce n’est pas un combat idéologique mais de santé publique et de qualité de vie », a martelé Jean Moulliere devant l’hémicycle. Le député a insisté sur les conséquences sanitaires du bruit des avions : perturbation du sommeil et augmentation du stress chez les riverains.
Pour appuyer sa démarche, l’élu a rappelé le soutien unanime des collectivités locales. Tant la Métropole européenne de Lille que la communauté Pévèle-Carembault ont voté en faveur d’un couvre-feu total entre 23 heures et 6 heures du matin, témoignant de l’exaspération croissante des populations concernées.
Des annonces floues du ministère.
La réponse du ministre des Transports n’a pas apporté l’éclairage espéré. Philippe Tabarot s’est contenté d’évoquer « des mesures concrètes » sans en préciser la nature ni le calendrier. « Les derniers éléments techniques sont en cours de finalisation au sein de mes services ; les propositions du préfet seront transmises incessamment sous peu », a-t-il déclaré, renvoyant la balle à la préfecture.
Le ministre a néanmoins cité l’exemple de Toulouse, où il vient d’imposer des restrictions : interdiction des avions les plus bruyants entre 22 heures et 6 heures, et pour les vols commerciaux, interdiction de programmer des départs entre 23 heures et 6 heures et des arrivées entre 23h30 et 6 heures. Une mesure qui pourrait inspirer les décisions à venir pour Lesquin.
Un équilibre difficile à trouver.
Philippe Tabarot a assuré qu’il serait « attentif à la fois à préserver le cœur de nuit et le développement économique ». Un argument qui rappelle la complexité du dossier : l’aéroport représente un enjeu économique pour la région, même si le trafic a été divisé par deux depuis la pandémie de Covid-19.
Pour les riverains et leurs élus, l’attente se prolonge donc. Reste à savoir si les « propositions du préfet » annoncées déboucheront enfin sur des mesures concrètes ou si ce nouveau rendez-vous manqué alimentera la frustration des habitants.


