Depuis le 22 septembre, les deux accueils de la CPAM de Lille-Douai font partie du réseau « Demandez Angela ». Toute personne menacée ou harcelée peut y trouver refuge grâce à un simple mot-code. À Lille, 145 lieux participent déjà au dispositif.
« Où est Angela ? » La question semble anodine. Elle ne l’est pas. Prononcée au guichet d’un lieu partenaire, elle signale discrètement une personne en danger : suivie dans la rue, harcelée, menacée. Elle peut désormais être posée dans les deux accueils de la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) de Lille-Douai, au 2, rue d’Iéna à Lille et au 125, rue Saint-Sulpice à Douai. Le 22 septembre, la directrice Carole Grard a elle-même apposé le macaron sur la vitrine lilloise. « Ce dispositif s’inscrit dans la continuité de l’attention portée à nos publics pour les accompagner au mieux, surtout face aux situations sensibles », souligne-t-elle.
Le déploiement s’inscrit dans un mouvement national : l’Assurance maladie veut faire de ses 800 accueils des lieux refuges d’ici fin 2026. Membre depuis novembre 2025 du réseau OneInThreeWomen, réseau européen d’entreprises engagées contre les violences intrafamiliales, elle en fait un pilier de sa lutte contre les violences faites aux femmes et aux personnes vulnérables, avec des référents dédiés dans chaque caisse et un réseau d’écoute interne.
Deux macarons, un même mot-code.
Détail qui a son importance, les autocollants diffèrent d’un site à l’autre. À Lille, où le réseau est déjà dense, la CPAM a adopté le logo de la Ville pour être reconnue du plus grand nombre. À Douai, qui n’a pas encore développé le dispositif, c’est le macaron « Demandez Angela » de l’Assurance maladie qui a été retenu.
Le principe, né en Angleterre en 2016, reste le même. La personne qui se sent en insécurité entre et demande Angela. Le personnel comprend sans qu’il soit besoin d’en dire plus. Il la met à l’abri, lui propose un téléphone ou de l’eau, l’aide à contacter un proche, commander un taxi, l’oriente vers une association ou, si nécessaire, alerte les forces de l’ordre via le 17 ou le 112. Le tout en toute discrétion.
Pour s’y préparer, plus de 75 salariés de la CPAM de Lille-Douai ont été formés ces derniers mois aux violences sexistes et sexuelles et à l’accueil des personnes en difficulté : conseillers, personnels de la direction médicale et du centre d’examens de santé Eliane-Andris, travailleurs sociaux de la Carsat, délégués sociaux, conseillers en prévention et agents de sécurité. Au programme : définir les violences sexistes, sexuelles et le harcèlement de rue, en mesurer les enjeux, acquérir les bons réflexes pour porter assistance avec bienveillance et sans jugement, orienter à bon escient.
145 lieux refuges à Lille.
À Lille, la municipalité a lancé « Demandez Angela » à l’hiver 2022-2023, avec l’appui de ses services égalité et lutte contre les discriminations et d’associations féministes. D’une quinzaine de structures au départ, le réseau est passé à 145 lieux participants : bars et établissements de nuit, pharmacies, commerces, lieux culturels, associations. Ilévia a rejoint le mouvement en novembre 2022 avec ses agences de République-Beaux-Arts et de la gare Lille-Flandres, puis ses 7 agences commerciales dès 2023.
Pour rejoindre le réseau, un établissement remplit un formulaire en ligne et signe une charte : porter assistance à toute personne qui le demande, former régulièrement ses équipes, afficher la signalétique fournie par la Ville et figurer dans un annuaire partagé avec les forces de l’ordre. Contact : angelalille@mairie-lille.fr.