Quelles propositions pour soutenir le commerce lillois ?

Publié le 12/03/2026
par Gauthier Kerros


Soutenir le tissus économique local, au premier rang duquel le commerce de proximité, fait globalement consensus. Mais les méthodes et l’ampleur de l’intervention publique varient.

Lahouaria Addouche (Lille insoumise) : Elle dénonce ouvertement les politiques publiques qui ont favorisé les grandes surfaces et Amazon. Elle veut créer un office municipal du commerce local (guichet unique avec formations, animations, aide à l’implantation) accompagné d’un Conseil citoyen du commerce réunissant commerçants, habitants et associations. Elle prévoit une foncière commerciale pour racheter des cellules vacantes et les louer à prix abordable, notamment à des coopératives (libraires, boulangeries, boucheries…). Elle veut empêcher toute nouvelle grande surface, soutenir les AMAP, marchés paysans et appuyer les SCOP/SCIC. Elle veut aussi mettre fin au stationnement payant pour les commerçants.

Stéphane Baly (Lille demain) : Sa priorité est claire : faire baisser les loyers commerciaux, qu’il identifie comme la cause principale des fermetures. Il défend l’encadrement des loyers commerciaux au niveau national et la création d’une foncière commerciale et productive (structure mixte public-privé) achetant des locaux pour les louer à prix abordable. Pour dynamiser le centre-ville, il prône le développement de cœurs de quartiers piétons et apaisés propices aux achats de proximité et l’élargissement de la zone piétonne. Il applique ces mesures également aux entrepreneurs, sans mesures distinctes pour eux.

Arnaud Deslandes (Tout pour Lille): Sa vision est centrée sur la régulation des loyers commerciaux et l’accompagnement structurel. Il propose de plaider au niveau national pour un encadrement des loyers commerciaux et de créer un Observatoire du commerce pour mesurer les taux de vacance. Il soutient une foncière commerciale métropolitaine pour maintenir et diversifier le commerce indépendant, et une charte des loyers soutenables signée par les bailleurs volontaires. Côté pratique, il veut créer un guichet unique (bureau du commerce) pour simplifier les démarches d’installation, recruter un manager du commerce et instaurer une gratuité d’1 heure de stationnement dans les rues commerçantes. Il mentionne aussi un service de livraison décarboné le samedi.

Louis Delemer (Lille au cœur): Son approche est pragmatique et centrée sur l’accessibilité. Il défend une politique proactive de protection du commerce de proximité avec des périmètres de sauvegarde pour éviter la disparition de commerces utiles ou la mono-activité, et le recours à la préemption de locaux commerciaux si nécessaire. Il souhaite faciliter les démarches administratives et améliorer l’accessibilité, la sécurité et la propreté des quartiers comme levier de fréquentation. Pour les entrepreneurs, il propose un Office municipal du commerce et de l’artisanat (guichet unique), une aide au loyer pendant 3 ans pour les nouvelles entreprises, et un appel à projets municipal à hauteur de 10 000 € par projet innovant. Il met aussi l’accent sur un stationnement attractif et des transports fiables pour ramener du flux vers le centre-ville.

Violette Spillebout (Faire respirer Lille): Elle dresse un plan d’urgence en dénonçant « l’inaction de la mairie sortante ». Ses mesures principales : révision du plan de circulation pour faciliter l’accès, création d’une foncière commerciale municipale pour préempter des baux et fonds de commerce vacants, aides aux loyers en cas de difficultés ou de travaux, gratuité du stationnement entre 12h et 14h dans les secteurs commerçants, places de Shop & Go (30 minutes gratuites), simplification des démarches et réduction des délais d’urbanisme. Elle veut désigner des managers du commerce par secteur, créer un club Lille Entreprendre pour favoriser l’emploi et l’insertion, et installer des boutons d’alerte anti-agression chez les commerçants. Elle envisage aussi la reconversion du centre commercial Lillenium en « Cité logistique et créative ».

Matthieu Valet (Une autre Lille): Il propose un comité de pilotage économique avec la CCI et les acteurs locaux, une révision des taxes pénalisantes, la gratuité du stationnement 30 minutes pour soutenir le commerce, et la simplification des démarches pour les terrasses et la vie nocturne. Pour dynamiser le centre-ville, il envisage une foncière municipale pour racheter des locaux vacants et les louer à des entrepreneurs. Il souhaite aussi un guichet unique municipal avec délai de traitement rapide, en privilégiant les artisans et commerces locaux. Il mentionne également la création de référents sécurité pour les commerçants.