Fissures dans les murs, portes qui coincent, carrelage qui se soulève… Les Lesquinois dont la maison a souffert de la sécheresse de 2025 peuvent désormais espérer une indemnisation. L’arrêté du 11 septembre, publié au Journal officiel le 22 septembre, reconnaît la commune en état de catastrophe naturelle. Les sinistrés ont jusqu’au 21 octobre pour se manifester auprès de leur assureur.
Lesquin figure parmi les quinze communes du Nord reconnues au titre de la sécheresse de 2025, aux côtés notamment d’Emmerin, Templeuve-en-Pévèle, Hem ou Roncq. Une décision qui n’a rien d’automatique : dans le même arrêté, Bouchain a vu sa demande rejetée, le critère météorologique n’étant pas rempli. Selon Météo-France, le printemps 2025 a été le troisième plus chaud jamais mesuré en France, avec un déficit de pluie de 20 à 60 % dans le nord du pays. Au sortir du printemps, les sols des Hauts-de-France étaient aussi secs qu’en fin juillet d’une année ordinaire.
Le piège des sols argileux.
Le phénomène en cause porte un nom technique : le retrait-gonflement des argiles. En période sèche, ces sols se rétractent ; quand la pluie revient, ils gonflent. Ces mouvements répétés font bouger les fondations, surtout celles des maisons individuelles, peu profondes. D’où le terme officiel de « sécheresse et réhydratation des sols ». Ce risque s’ajoute à un autre, bien connu à Lesquin : les cavités souterraines. La commune fait partie des onze communes de la métropole couvertes depuis le début des années 1990 par un plan de prévention des mouvements de terrain lié aux anciennes carrières de craie. Elle participe au programme d’actions en cours, qui prévoit des investigations sur près de 6 hectares.
Deux critères à remplir.
Pour être reconnue, une commune doit satisfaire à deux conditions. La première est géotechnique : la présence de sols argileux sensibles. La seconde est météorologique : l’humidité des sols, calculée par Météo-France, doit atteindre un niveau exceptionnel. Depuis la réforme entrée en vigueur au 1er janvier 2024, ce seuil correspond à une sécheresse qui ne survient en moyenne qu’une fois tous les dix ans, contre vingt-cinq auparavant. Des assouplissements existent aussi pour les épisodes répétés ou les communes voisines d’une commune déjà reconnue. C’est la mairie qui dépose la demande auprès de la préfecture, sur la base des signalements des habitants ; une commission interministérielle tranche ensuite.
Que faire maintenant ?
Les propriétaires concernés doivent déclarer leurs dommages à leur assureur habitation dans les trente jours suivant la publication, soit au plus tard le 21 octobre. Mieux vaut le faire par courrier recommandé, photos des fissures à l’appui. Ceux qui avaient déjà signalé un sinistre doivent recontacter leur assurance : la reconnaissance constitue un élément nouveau. L’assureur dispose ensuite d’un mois pour mandater un expert, puis d’un mois après le rapport pour faire une proposition, et de 21 jours pour verser l’indemnité une fois celle-ci acceptée. Attention, une franchise légale de 1 520 euros reste à la charge du sinistré. Seuls les dommages matériels directs au bâti sont couverts ; les frais d’étude de sol en font partie.