Malgré la baisse apparente de la dette, la municipalité menée par le maire LFI Patrick Proisy depuis 6 ans peine à gérer ses finances, avec une explosions des charges de fonctionnement, des investissements limités et un niveau de trésorerie inquiétant.
La dette de Faches-Thumesnil a baissé, Patrick Proisy le proclame haut et fort. Et les chiffres lui donnent raison. Pour l’année 2019, dernière année entière du mandat précédent, le capital de la dette s’élevait précisément à 12 941 395,65 euros. Pour l’année 2025, dernière année complète du mandat actuel, l’encours de la dette est de 11 631 633,12 euros. Mais que se cache-t-il derrière cette embellie apparente ?
Une fiscalité alourdie.
Peu de propriétaires l’ont oublié, Patrick Proisy a augmenté de 25% la taxe foncière en 2023, faisant passer le taux de Faches-Thumesnil de 48,25 à 60,25%. « Si on voulait continuer à investir dans la ville, ne pas fermer de service public avec des dotations à l’équilibre et surtout ne pas toucher aux tarifs municipaux, il nous fallait augmenter » justifiait-il dans les colonnes de la Voix du Nord.
Force est de constater que les maires des communes voisines n’ont pas suivi cette voie radicale et ont maintenu des taux modérés : 45,71% à Ronchin, 47,43% à Lesquin, 48,35% à Lille, 47,29% à Seclin, 44,26% à Wattignies, 39,2% à Lezennes.
Des dépenses de fonctionnement qui explosent.
Les dépenses de fonctionnement de la mairie sont passées de 17,05 millions d’euros en 2020 à 23,27 millions d’euros prévus en 2026. C’est 6,22 millions d’euros de plus par an, une hausse de 36% !
La flambée des dépenses de personnel alimente largement cette évolution : 10,5 millions d’euros en 2019, 12,88 millions d’euros en 2026, +22,7% sur la période. L’inflation et la revalorisation nationale du point d’indice en 2022 (+3,5%) et 2023 (+1,5%) expliquent une partie de la hausse, mais pas tout.
En effet, si le nombre de fonctionnaires titulaires a légèrement baissé sur le mandat (235 en 2019, 225 l’année dernière), le nombre d’agents contractuels lui a explosé de 78% passant de 90 à 161 sur la même période...
Des investissements limités au prix fort.
La ville de Faches-Thumesnil investit en moyenne 6 millions d’euros chaque année. Cela représente 329 euros par habitant et par an, contre 522 euros pour la moyenne des villes de taille comparable. C’est peu.
On constate également que la municipalité menée par Patrick Proisy préfère financer seule ses investissements et se passe de précieuses subventions qu’elle aurait pu obtenir de la MEL, du Département du Nord, de la Région Hauts-de-France ou de l’Etat.
En 2020, dernier budget voté par la précédente majorité, les subventions reçues représentaient 20% des ressources d’investissement. Sous l’ère Proisy, cette proportion tombe à 1,86% en 2021, 2,61% en 2022, 12,06% en 2023, 1,94% en 2024… Systématiquement la majorité insoumise a préféré faire payer « plein pot » le contribuable plutôt que de trouver des partenaires.
Une trésorerie toujours exsangue.
En décembre 2020, pour se donner un peu d’air, la municipalité décidait de refinancer cinq prêts d’une valeur totale de 6,34 millions d’euros, la durée résiduelle allant de 7 ans et 7 mois à 12 ans et 4 mois. Gain immédiat : une baisse des mensualités de remboursement de 23 459 euros. Mais le nouvel emprunt dure 19 ans et comprend une « indemnité compensatrice » de 731 594,22 euros… soit 7 067 343,02 euros à rembourser au total. Un répit qui coûte cher aux Faches-Thumesnilois.
Les années passant, la taxe foncière ayant flambée, l’équipe insoumise a-t-elle réussi à trouver des marges de manœuvres ? Pas vraiment… En décembre 2025, « afin d’assurer la continuité du service public et la bonne exécution des dépenses » une ligne de trésorerie est ouverte en urgence à la Banque Postale à hauteur d’un million d’euros. De cela, Monsieur le maire ne se vantera pas.