Élu il y a six mois, Brice Lauret dresse un premier bilan.

AUTEUR Gauthier Kerros
jeudi 15 octobre 2026


Élu le 22 mars avec 49 % des voix face au maire sortant LFI Patrick Proisy, Brice Lauret, maire divers droite de Faches-Thumesnil, a accepté de répondre à nos questions.

Six mois, c’est l’occasion de dresser un premier bilan. Taxe foncière, finances plombées par les arrêts maladie, sécurité, voirie : le maire de Faches-Thumesnil promet des économies, mais aussi quelques hausses ciblées.

Taxe foncière : une baisse « très modérée » en 2027.

C’était la promesse phare de la campagne. Malgré des comptes plus dégradés que prévu, Brice Lauret la maintient : « On garde notre cap : une baisse dès 2027. » Le taux communal baissera donc. Son ampleur sera annoncée d’ici décembre ou janvier, peut-être lors des vœux. « Personne ne doit s’attendre à 30 ou 50 % de baisse. Ça n’arrivera pas, j’en suis désolé », prévient-il, tout en promettant d’aller « au-delà de 1 % ».

Éclairage rallumé, marché de la propreté renégocié.

Premiers engagements tenus, selon le maire : l’éclairage public a été rallumé. « C’était un engagement de campagne, on a réussi à le tenir. » Côté propreté, le marché de nettoyage des voiries est en train d’être renégocié et la ville devrait se doter de « motocrottes » pour aspirer les déjections canines. « Ce n’est pas très glamour », sourit l’élu, mais cela permettra de soulager le dos des agents.

Un Ehpad qui plombe les comptes.

Les arrêts maladie coûtent une fortune à la municipalité. « La situation RH est catastrophique dans certains services », affirme le maire. À la résidence Arthur-François, l’Ehpad municipal, 600 jours d’arrêt maladie ont été recensés en 2025, et le déficit cumulé atteint un million d’euros sur le précédent mandat. Dans plusieurs gros services, les arrêts concernent 50 à 70 % des effectifs. Conséquence directe : la piscine attendra. « Est-ce qu’on a la capacité de le faire ? La réponse, à ce stade, est non. » L’élu revendique aussi des économies en négociant avec les prestataires : le montant des travaux de l’école Lamartine est ainsi passé de 400 000 à 200 000 euros.

Ce qui va augmenter.

Les commerçants ambulants voient leur redevance passer de 10 à 150 euros par mois, un montant aligné sur celui de la commune voisine de Wattignies, la moins chère de la couronne sud de Lille. « La propriété publique ne peut pas être occupée gratuitement », justifie Brice Lauret. À la médiathèque, les usagers extérieurs à la commune paieront 4 euros par mois, car « ceux qui paient l’établissement, ce sont les Faches-Thumesnillois ». Recette attendue : 40 000 à 60 000 euros par an. Les associations, elles, devront présenter un projet détaillé : « Il n’y aura donc pas de rabotage des subventions ; en revanche, il y aura un cadrage des subventions accordées. »

Caméras : rien d’exploitable avant longtemps.

La police municipale compte six policiers et deux ASVP. Brice Lauret a lancé les recrutements, mais les postes ouverts ne trouvent pas preneur : « personne ne postule ». Doter les policiers municipaux d’une arme létale pour attirer les candidats ? « À ce stade, je n’y suis pas favorable. » Le Taser, lui, est à l’étude. Côté caméras, les 24 exemplaires de la ville sont aujourd’hui inexploitables, faute de renouvellement d’une autorisation obligatoire (l’AIPD). Un plan de 1,5 million d’euros, subventionné à 80 %, doit porter le parc à 104 ou 107 vues, « l’année prochaine ou l’année d’après ».

Voirie : des besoins à hauteur de 10 millions d’euros.

Le dossier se joue à la MEL, avec le plan pluriannuel d’investissement (PPI) voté en fin d’année pour des travaux dès juin 2027. Le maire assure : « J’ai déjà dit non à la proposition de PPI qui m’a été faite, que j’ai jugée insuffisante au vu de la dégradation très avancée des voiries. » Il faudrait 10 millions d’euros pour remettre en état les routes les plus abîmées. Les places Sainte-Marguerite et Victor-Hugo, vieilles de plus de 40 ans, sont aussi à requalifier.

Enfin, pas question pour lui de briguer la députation en 2027 : « une promesse est une promesse, un engagement est un engagement ». Une participation aux élections départementales ou régionales, en revanche, n’est pas exclue.